Chaque année, le 1er mars est consacré à la Journée mondiale de lutte contre les discriminations. Cette date symbolique est l’occasion de rappeler que l’égalité des droits n’est pas acquise une fois pour toutes. Malgré un cadre légal solide, de nombreuses personnes continuent de faire face à des traitements injustes en raison de caractéristiques qui font partie intégrante de leur identité.
Comprendre ce qu’est une discrimination
La discrimination consiste à traiter une personne de manière moins favorable qu’une autre, sans justification objective et raisonnable, en raison d’un critère protégé par la loi. Autrement dit, deux personnes placées dans une situation comparable ne bénéficient pas des mêmes droits ou des mêmes opportunités, simplement parce que l’une d’elles présente une caractéristique particulière.
En Belgique, la législation encadre strictement ces situations. Depuis les lois du 10 mai 2007, la discrimination est interdite dans de nombreux domaines de la vie sociale, tels que l’emploi, l’enseignement, le logement ou l’accès aux biens et services. La loi protège dix-neuf critères. Parmi eux figurent notamment l’origine, la couleur de peau, la nationalité, le handicap, l’âge, l’orientation sexuelle, les convictions religieuses ou philosophiques, le sexe, l’état de santé, la fortune ou encore l’origine sociale.
Ces critères couvrent des réalités très diverses, mais ils ont un point commun : ils ne peuvent en aucun cas justifier une différence de traitement injuste.
Une réalité toujours présente en Belgique
Chaque année, l’organisme public indépendant Unia, chargé de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité des chances, enregistre plusieurs milliers de signalements. Les chiffres montrent que certaines formes de discrimination restent particulièrement fréquentes.
Les dossiers concernent souvent des situations liées au handicap, à l’origine ou à la couleur de peau, ainsi qu’aux convictions religieuses ou à l’orientation sexuelle. Les secteurs les plus touchés sont l’emploi et le logement. Par exemple, des études de testing ont démontré que des candidatures identiques peuvent recevoir des réponses différentes en fonction du nom ou de l’âge du candidat. De même, certaines personnes rencontrent davantage de difficultés pour accéder à un logement en raison de leur origine supposée ou de leur situation sociale.
Ces constats rappellent que les discriminations ne sont pas seulement des concepts juridiques : elles ont des conséquences concrètes sur les trajectoires de vie. Elles peuvent limiter l’accès à l’emploi, ralentir une carrière, compliquer l’accès à un logement ou fragiliser l’estime de soi.
Sensibiliser dès le plus jeune âge

La lutte contre les discriminations passe par la loi, mais aussi par l’éducation et la sensibilisation. Comprendre que tout le monde ne bénéficie pas des mêmes opportunités constitue une étape essentielle vers davantage d’égalité.
Dans cette perspective, notre centre de documentation met en avant un outil pédagogique original : Inégopoly, disponible en prêt. Créé en 2020 par le Conseil Communal des Enfants d’Ecaussinnes, ce jeu s’inspire du célèbre Monopoly, dont il reprend les mécanismes principaux : acheter des propriétés, construire des maisons et des hôtels, éviter les pièges financiers et tenter d’accumuler le plus d’argent possible.
Cependant, Inégopoly introduit une dimension essentielle : l’inégalité des chances au départ. Chaque joueur reçoit une carte profil – homme ou femme, jeune ou plus âgé, valide ou en situation de handicap, étranger ou non – et doit jouer en tenant compte de cette identité. Selon le profil attribué, le salaire de départ varie, certaines situations deviennent plus favorables tandis que d’autres obstacles apparaissent au fil de la partie.
Ce décalage volontaire permet de mettre en lumière une réalité sociale : dans la vie aussi, tout le monde ne part pas avec les mêmes ressources, les mêmes facilités ni les mêmes opportunités. Trouver un emploi, louer un logement ou évoluer professionnellement peut s’avérer plus complexe selon son âge, son origine, son genre ou son état de santé.
Accessible dès 8 ans, Inégopoly constitue un support concret pour susciter le dialogue, encourager la réflexion et développer l’empathie. En vivant l’expérience des inégalités à travers le jeu, les participants prennent conscience des mécanismes parfois invisibles qui structurent la société.
Agir au quotidien
La Journée mondiale de lutte contre les discriminations est un moment privilégié pour s’informer, échanger et questionner ses propres représentations. Mais elle invite aussi à agir au quotidien : signaler une situation injuste, soutenir une personne victime de discrimination, ou simplement refuser les stéréotypes.
Promouvoir l’égalité ne relève pas uniquement des institutions. C’est un engagement collectif, qui commence par la compréhension et se poursuit par des actions concrètes, à l’école, au travail et dans la vie de tous les jours.